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..................................Amnésie
infantile ou fariboles freudiennes ?
Dans le deuxième des Trois essais sur la théorie
sexuelle, consacré à la sexualité infantile,
Freud commence par s'étonner du peu d'intérêt
d'attention qu'on a porté avant lui à la sexualité
infantile et il croit en trouver la principale explication dans
le fait que nous n'avons pas ou presque pas de souvenirs de nos
première années. Mais, étant décidément
en veine d'étonnement, il s'étonne de « cette
singulière amnésie » et il s'étonne
qu'on ne s'en soit pas étonné avant lui et qu'on
n'ait pas cherché à l'expliquer. Pourtant, si l'on
doit ici s'étonner de quelque chose, c'est seulement des
étonnements de Freud, qui ne sont pas seulement très
étonnants, mais tout à fait consternants.
Rappelons d'abord ce que dit Freud : « Je cherche les raisons
de cette curieuse négligence [à l'égard de
la sexualité infantile], d'une part dans les réserves
conventionnelles qu'observent les auteurs du fait de leur éducation,
d'autre part dans un phénomène psychique qui s'est
lui-même soustrait jusqu'à présent à
l'explication. J'entends par là la singulière amnésie
qui dissimule à la plupart des hommes (pas à tous
!) les six ou huit première années de leur enfance.
Il ne nous est pas encore venu à l'esprit de nous étonner
de l'existence de cette amnésie [É] Nous avons pourtant
des raisons de croire qu'à aucune autre période
de la vie, elle [notre mémoire] ne sera mieux capable d'enregistrer
et de reproduire que précisément pendant les années
d'enfance. [É] Il ne peut donc en aucun cas s'agir d'une réelle
disparition des impressions d'enfance, mais d'une amnésie
analogue à celle que nous observons chez les névrosés
pour des événements vécus plus tardivement
et dont la nature consiste en un simple maintien de ces impressions
à l'écart de la conscience (refoulement) [1]».
On le voit, Freud décrète d'emblée que l'amnésie
infantile est un « phénomène psychique ».
Si tel était bien le cas, on pourrait sans doute s'en étonner
et chercher à l'expliquer. Mais, si personne ne s'en est
étonné avant Freud, c'est parce que personne avant
lui ne l'avait considéré comme un phénomène
psychique. Tout le monde avait remarqué que le petit d'homme,
à la différence du petit d'animal, mettait un certain
nombre d'années avant d'atteindre au plein développement
de ses facultés. Alors que les petits d'animaux se dressent
sur leurs pattes presque immédiatement après leur
naissance, le petit d'homme ne commence à marcher qu'entre
un et deux ans. Ce qui est vrai des facultés physiques
l'est aussi des facultés intellectuelles. Et la raison
en est que les facultés intellectuelles ont elles aussi
un substrat physiologique, leur développement étant
étroitement lié à celui du cerveau. La taille
du cerveau du nouveau-né ne représente que le quart
de celle du cerveau de l'adulte et il faut une dizaine d'années
pour qu'elle en soit proche (environ 95 %) [2].
Si, en effet, le cerveau du nouveau-né a déjà
tous ses neurones, les connexions entre les neurones ne s'établissent
que lentement et progressivement. Le cerveau ne devient opérationnel
qu'au fur et à mesure que le câblage neuronique se
met en place. Il en va tout autrement chez les animaux. Seuls
les singes connaissent, comme l'homme, un retard important dans
le développement de leur cerveau mais il l'est beaucoup
moins que chez l'homme. Le cerveau des grands singes comme les
chimpanzés, atteint à la naissance 40 % de celui
de l'adulte, et, à un an, il atteint déjà
80 % [3]. C'est pourquoi les performances intellectuelles
du petit d'homme restent pendant un certain temps inférieures
à celles du petit singe.
Ce que Freud appelle l'amnésie infantile s'explique donc
tout simplement par une immaturité fonctionnelle du cerveau.
Freud a raison lorsqu'il dit qu'il ne s'agit pas « d'une
réelle disparition des impressions d'enfance », mais,
s'il n'y a pas « disparition des impressions », ce
n'est pas du tout, comme il le pense, parce que ces impressions
subsisteraient dans l'inconscient où l'on pourrait aller
les rechercher grâce à la psychanalyse : c'est tout
simplement parce qu'il n'y a pas eu d'impressions. Le tout jeune
enfant n'oublie pas; il n'enregistre pas, son cerveau n'étant
pas encore en mesure de le faire.
A ce phénomène parfaitement naturel que sans doute
personne avant Freud n'avait songé à expliquer parce
tout le monde pensait que l'explication allait de soi, répond
à l'autre extrémité de la vie un phénomène
inverse tout aussi naturel et que personne aussi, pas même
Freud, ne semble éprouver le besoin d'expliquer tant la
chose paraît aisée, celui de l'amnésie sénile.
Et, là encore, il s'agit moins d'oubli à proprement
parler que d'incapacité à enregistrer les impressions.
La preuve en est que les vieillards perdent d'abord la mémoire
immédiate : ils se souviennent d'événements
anciens et notamment de ceux qui remontent à leur enfance,
mais ils ne se souviennent pas de ce qu'on vient juste de leur
dire et de ce qu'ils viennent de dire eux-même. A l'immaturité
fonctionnelle du cerveau de l'enfant correspond donc souvent chez
le vieillard un disfonctionnement dû, bien sûr, à
la dégradation de l'organe. Au début de la vie,
le cerveau n'est pas encore en mesure d'enregistrer les impressions;
à la fin de la vie, il n'est souvent plus en mesure de
le faire. On se sent un peu ridicule d'énoncer de pareilles
évidences, mais il faut bien le faire puisque Freud semble
ne pas les voir.
Non content de ne pas voir pourquoi il est tout à fait
naturel qu'on ne se souvienne pas de sa petite enfance, Freud
va jusqu'à prétendre, au contraire, qu'aucune autre
période de la vie ne devrait être plus propice à
la fixation des souvenirs. La raison en serait, selon lui, que
notre mémoire n'est pas encore encombrée et que
les impressions que nous recevons, étant encore toutes
nouvelles, ne peuvent être que particulièrement vives.
L'extraordinaire naïveté, pour ne pas dire la phénoménale
imbécillité de ce raisonnement laisse véritablement
pantois. Si Freud n'a pas osé aller jusqu'à s'étonner
que personne ne se soit jamais souvenu de l'instant de sa naissance,
c'est sans doute parce qu'il lui restait quand même conservé,
bien caché tout au fond de son inconscient, un peu de sens
du ridicule. Car la logique de son raisonnement aurait dû
l'amener à conclure que le moment de leur naissance devrait
être celui dont tous les individus se souviennent le mieux,
celui dont le souvenir ne disparaît que quand tous les autres
souvenirs ont déjà disparu. A aucun autre moment
de notre vie, en effet, notre mémoire n'aura été
moins encombrée de souvenirs et aucun autre moment de notre
vie, nous n'aurons connu non plus un changement si rapide et si
radical de nos conditions d'existence. S'il y a, dans toute notre
vie, un événement qui aurait dû nous marquer
plus que tout autre, c'est bien celui-là. Pendant qu'il
y était, Freud aurait pu aussi s'étonner que le
petit d'homme ne se mettre pas à galoper de tous c™tés
dès qu'il sort du ventre de sa mère, puisque, d'une
part, ses jambes toutes neuves ne sont pas encore fatiguées
par les kilomètres parcourus et les longues stations debout
et que, d'autre part, après être resté neuf
mois confiné dans le ventre de sa mère, replié
sur lui même, il devrait avoir une envie singulièrement
forte de se dégourdir les jambes.
Selon Freud, on serait d'autant plus apte à fixer les souvenirs
qu'on en aurait moins et la mémoire ne serait jamais aussi
vivace que lorsqu'elle est encore vierge. Autant prétendre
que écrivains et les musiciens devraient écrire
leurs plus belles Ïuvres dans leur jeune âge lorsque leur
tête n'est pas encore encombrée de littérature
et de musique et que les physiciens et les mathématiciens
devraient faire leurs plus grandes découvertes avant d'avoir
la cervelle farcie de chiffres, de lois, de théorèmes
et de formules. La mémoire, comme toutes les facultés,
et plus que toute autre peut-être, se développe surtout
par l'exercice. Chacun sait qu'on retient des textes par cÏur
d'autant plus facilement qu'on en a déjà mémorisés
davantage. Chacun sait qu'on apprend plus aisément une
langue étrangère, si on en connaît déjà
une autre et a fortiori, si on en connaît plusieurs. Dans
toutes les activités, ce sont toujours les débuts
qui sont les plus lents et les plus laborieux.
Freud affirme que les premières années devraient
être celles dont on se souvient le mieux, mais, quand bien
même le petit enfant serait en mesure d'enregistrer ses
impressions, il n'aurait pas grand chose à enregistrer,
pas grand chose du moins qui en vaille vraiment la peine. Quoi
d'étonnant qu'on ne se souvienne pas d'avoir suçoté
son pouce ou son gros orteil, d'avoir fait du bruit avec sa bouche,
d'avoir attrapé le nez, l'oreille ou le collier de sa mère,
d'avoir écarquillé ses doigts de pied ? Si Freud
avait essayé de se livrer à ces diverses activités
(mais sans doute aurait-il eu quelque difficulté à
sucer son gros orteil), il se serait probablement vite rendu compte
compris que leur intérêt était singulièrement
limité et qu'elles ne méritaient pas que l'on en
gardât toute sa vie le souvenir. Ce qui caractérise
la vie du très jeune enfant et particulièrement
du nourrisson, c'est son extrême monotonie. Les toutes premières
années de la vie seraient bien ennuyeuses si nous étions
déjà capables de nous ennuyer. Mais, fort heureusement,
sinon tous les petits enfants feraient de la dépression,
et notre espèce se serait sans doute éteinte depuis
longtemps, de même que les petits enfants ne sont pas encore
capables d'enregistrer leurs impressions et de les conserver,
ils ne sont pas encore capables de s'ennuyer; et cela pour la
même raison : s'ennuyer comme se souvenir suppose un développement
de l'activité cérébrale qu'ils n'ont pas
encore atteint.
Si l'étonnement de Freud est très étonnant,
l'explication qu'il propose ne l'est pas moins. Mais comment en
serait-il autrement ? Quand on prétend résoudre
un problème qui ne se pose pas, on ne peut que proposer
une solution qui, pour le moins, ne s'impose pas. A une question
absurde, on ne peut apporter qu'une réponse également
absurde. Et c'est bien le cas. Selon lui, si nous n'avons pas
de souvenirs de notre petite enfance, ce n'est pas parce que nos
souvenirs se sont effacés, ce n'est pas parce qu'il n'y
a pas eu d'enregistrement des impressions reçues, ou plut™t
qu'il n'y a pas eu vraiment d'impression : c'est parce que les
impressions reçues pendant l'enfance sont maintenues à
l'écart de la conscience, c'est parce qu'elles ont été
refoulées, ce qui l'amène à rapprocher l'amnésie
infantile de l'amnésie hystérique.
Non content de comparer l'amnésie infantile à l'amnésie
hystérique Freud prétend que la première
contribue à expliquer la seconde et va même jusqu'à
affirmer que la seconde n'existerait pas sans la première
: « L'amnésie hystérique, qui est au service
du refoulement, ne s'explique que par le fait que l'individu possède
déjà un trésor de traces mnésiques
qui sont soustraites à la disposition consciente et qui,
dès lors, attirent à elles par liaison associative
ce sur quoi agissent, du c™té du conscient, les forces
répulsives du refoulement. On peut dire que, sans amnésie
infantile, il n'y aurait pas d'amnésie hystérique
[4]». Et, pour mieux se faire comprendre,
il a, en 1915, eu recours à une comparaison en ajoutant
ces lignes : « On ne peut pas comprendre le mécanisme
du refoulement si l'on ne prend en considération qu'un
seul de ces deux processus dont l'action est connexe. A titre
de comparaison, on peut évoquer la manière dont
un touriste est expédié au sommet de la grande pyramide
de Gizeh; il est poussé d'un c™té et tiré
de l'autre [5]».
On pourrait, bien sûr, commencer par s'interroger sur la
réalité de l'amnésie hystérique telle
que la conçoit Freud. Mais je me contenterais pour l'instant
de m'étonner du r™le que Freud fait jouer à la prétendue
amnésie infantile dans le développement de l'amnésie
hystérique. Car il n'est vraiment pas clair. Cette attirance
« par liaison associative » des souvenirs que l'on
veut refouler par les souvenirs déjà refoulés
est bien étrange, bien mystérieuse. Freud semble
penser que les souvenir refoulés ont besoin de compagnie
et, puisque, comme chacun sait, qui se ressemble s'assemble, ils
s'efforcent d'attirer en priorité à eux les souvenirs
avec qui ils ont des affinités. Le moins que l'on puisse
dire, c'est que nous sommes en pleine mythologie.
Mais, avant de faire intervenir l'amnésie infantile dans
le mécanisme de l'amnésie hystérique, c'est
le mécanisme de l'amnésie infantile qu'il aurait
fallu expliquer. Car c'est lui surtout qui a besoin d'explication.
Freud considère que l'amnésie infantile est de même
nature que l'amnésie hystérique, et que, dans les
deux cas, nous avons un phénomène de refoulement.
Mais, si, dans le cas de l'amnésie hystérique, on
peut du moins comprendre pourquoi il pourrait y avoir refoulement,
il n'en est pas du tout de même dans le cas de l'amnésie
infantile. En effet, les règles, les tabous, les interdits
qui sont à l'origine du refoulement dans l'amnésie
hystérique, n'existent pas encore dans l'enfance ou commencent
seulement à s'installer, comme Freud le remarque lui-même.
Il nous explique ainsi que, chez les enfants, le rêve montre
clairement sa vraie nature, à savoir qu'il est la réalisation
d'un désir, parce qu'aucune censure n'oblige encore celui-ci
à se déguiser [6]. Il prétend
expliquer de la même façon pourquoi l'enfant est
selon lui plus ouvert aux perversions les plus diverses, ce qui
lui fait dire qu'il est « un pervers polymorphe »
[7].
Par conséquent l'amnésie infantile ne devrait, à
tout le moins, ne pouvoir se développer qu'assez tardivement
et très progressivement, au fur et à mesure que
s'érigent les digues et les barrières imposées
par la vie sociale. Le petit enfant qui ignore encore tout des
problèmes psychologiques ou moraux, qui ne connaît
ni scrupules ni complexes, ni inhibitions, n'a aucune raison pour
refouler ses désirs, ses impression ou ses souvenirs. De
plus, on ne voit pas très bien ce qu'il pourrait avoir
à cacher aux autres ou à lui-même. Certes
! Freud prétend que les activités, si peu variées,
auxquelles il se livre, ont généralement une signification
sexuelle, à commencer par le suçotement, qu'il regarde
comme le « modèle des manifestations sexuelles infantiles
[8]». Mais le petit enfant n'a pas lu Freud
et n'est, par conséquent aucunement conscient de se livrer
à des activités sexuelles. Il n'a donc aucune raison
d'éprouver, en ce faisant, le moindre scrupule et d'être
porté à refouler des impressions qu'à juste
titre, il considérerait comme tout à fait anodines,
s'il était en mesure de faire des examens de conscience.
D'ailleurs, si l'on a refoulé les impressions de l'enfance
à cause de leur caractère sexuel, pourquoi alors
n'a-t-on pas aussi et d'abord refoulé les premières
impressions sexuelles vraiment indubitables, celles de la puberté
? Car les gens se souviennent généralement fort
bien de leurs premiers émois amoureux et de leurs premières
expériences sexuelles.
Freud croit avoir découvert le problème de l'amnésie
infantile et il croit en avoir trouvé l'explication. Mais
il n'y a pas de problème de l'amnésie infantile,
parce qu'à proprement parler, il n'y a pas d'amnésie
infantile. Nous n'avons pas de souvenirs de la petite enfance,
non pas parce que nous avons oublié, mais parce que nous
n'avons pas enregistré. Et nous n'avons pas enregistré
parce que l'instrument qui nous aurait permis de le faire n'était
pas encore en mesure de le faire. Freud a inventé de toutes
pièces un problème qui n'a jamais existé
pour avoir le plaisir de proposer une explication qu'il était
impatient de mettre en Ïuvre. Car tout se passe comme si dans
son esprit, la solution (le refoulement) avait suscité
le problème (l'amnésie infantile). Il n'aurait probablement
pas eu l'idée de s'étonner que nous n'ayons pas
de souvenirs de notre petite enfance, s'il n'avait éprouvé
le besoin d'élargir le plus possible le champ d'application
de ce qu'il considérait comme une découverte capitale,
destinée à révolutionner la connaissance
du psychisme, l'idée de refoulement. La démarche
de Freud se veut scientifique, mais elle est le contraire d'une
démarche vraiment scientifique. Au lieu de partir des faits,
il leur demande de le confirmer dans ses idées a priori,
quitte à les déformer complètement. Sa démarche
n'est pas celle d'un savant, elle est celle d'un philosophe qui
prétend obliger les faits à se plier à ses
théories. Elle est celle d'un Descartes qui ne craint pas
de nier l'évidence en prétendant que les animaux
sont de pures machines, à seule fin de mieux se persuader
que lui bénéficie d'une âme immortelle.
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NOTES :
1. Trois essais sur la théorie
sexuelle, Folio essais, pp. 95-96. Freud reviendra sur le
sujet dans des termes très proches dans l'Introduction
à la psychanalyse, petite bibliothèque Payot,
2001, p. 238.
2. Ces chiffres sont tirés d'un article
d'Hervé Morin, «Le cerveau trop mature d' "erectus"
» (Le Monde, 18/09/20004)
3.Idem.
4. Op. cit., p. 97.
5 Ibid., note 1. «Les rêves
des jeunes enfants sont souvent des réalisation naïves.
De ce point de vue, ils sont moins intéressants que les
rêves d'adultes. On n'y trouve pas d'énigmes, mais
ils sont un argument inappréciable pour prouver que l'essence
du rêve est l'accomplissement d'un désir »(L'Interprétation
des rêves, P.U.F, 1973, p. 117)
6. « Il est instructif de constater
que, sous l'influence de la séduction, l'enfant peut
devenir pervers polymorphe et être entraîné
à tous les débordements imaginables. Cela démontre
qu'il porte dans sa prédisposition les aptitudes requises;
leur mise en acte ne rencontre que de faibles résistances
parce que, suivant l'âge de l'enfant, les digues psychiques
qui entravent les excès sexuels : pudeur, dégoût
et morale, ne sont pas encore établies ou sont seulement
en cours d'édification »(Trois essais...
, p. 118).
7. Ibid., p. 102.
8. Rappelons que Freud a osé écrire
: « Lorsqu'on voit un enfant rassasié quitter
le sein en se laissant choir en arrière et s'endormir,
les joues rouges, avec un sourire bienheureux, on ne peut manquer
de se dire que cette image reste le prototype de la satisfaction
sexuelle dans l'existence ultérieure »(p. 105).
J'y vois pour part l'image d'un être qui n'a pas plus
de prŽoccupations sexuelles que de problèmes métaphysiques
et c'est pourquoi il peut goûter en toute innocence et
dans toute sa plénitude le bonheur de se sentir repu.
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