Assez décodé !
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........................................Avertissement de l'éditeur

 

Ce livre est la réédition d'un livre publié en 1986 aux éditions Roblot sous le titre Un Marchand de salades qui se prend pour un prince. Réponse du 'petit Pommier' au 'grand Barbéris'. Ce titre mettait l'accent sur le caractère très polémique d'un livre qui se situait dans le prolongement de la grande querelle de la 'nouvelle critique' ouverte en 1965 par le petit livre de Raymond Picard Nouvelle critique ou nouvelle imposture (J.I. Pauvert, collection 'Libertés') qui dénonçait brillamment le caractère totalement arbitraire de la prétendue 'relecture' de Racine proposée par Roland Barthes dans son fameux Sur Racine (Le Seuil, 1963). En publiant en 1978 son Assez décodé ! dans lequel il tournait en ridicule un certain nombre de 'lectures élucubrantes' d'œuvres de Molière, de Victor Hugo, de Flaubert ou de Proust, proposés par des universitaires férus de Freud, René Pommier s'était résolument rangé du côté de Raymond Picard et des adversaires, alors très minoritaires, de la 'nouvelle critique'. Cela lui avait valu d'être vivement pris à parti par Pierre Barbéris qui, dans son livre Le Prince et le marchand (Fayard, 1981) l'accusait d'être 'l'un des porte-parole de l'obscurantisme pseudo-rationaliste universitaire' et 'un tenant du sens en béton'. Alors absorbé par la rédaction de sa thèse de doctorat d'Etat, consacrée au Sur Racine de Roland Barthes, René Pommier avait donc dû ronger son frein quelques années, avant de pouvoir enfin balayer avec une impitoyable allégresse 'les balivernes balourdes et débraillées de Son Altesse Barbérissime' et démontrer que celui qui l'accusait d'être 'un tenant du sens en béton' était, lui, un tenant du 'sens en eau de boudin'.

Mais on ne peut bien démontrer le caractère arbitraire, voire absurde, d'une interprétation qu'en refaisant soi-même le travail qui a été mal fait. Pour dénoncer les contresens de Pierre Barbéris, René Pommier est ainsi amené à revenir continuellement au texte du Misanthrope pour se livrer à un exercice qui a toujours été à la base de son enseignement et de ses travaux de critique : l'explication de textes. Cela lui permet non seulement de ruiner les thèses extravagantes d'un critique égaré par ses marottes marxistes, mais, sans pour autant prétendre aucunement renouveler l'interprétation du chef-d'œuvre de Molière, prétention à ses yeux aussi stupide qu'outrecuidante, de contribuer à mieux éclairer certains passages de la pièce, notamment la scène du sonnet d'Oronte et celle des portraits. Si ce livre est assurément de nature à réjouir les amateurs de polémique, il mérite aussi de retenir l'attention de tous ceux qui s'intéressent au Misanthrope qui y trouveront un certain nombre de remarques susceptibles de leur permettre d'aller un peu plus loin dans la compréhension du génie de Molière, et plus généralement de tous ceux qui s'intéressent aux problèmes de la critique.

C'est pourquoi nous avons décidé de remplacer le titre originel qui mettait l'accent seulement sur l'aspect polémique du livre, par un titre plus susceptible d'attirer l'attention sur ce qu'il a apporte à la fois à une meilleure intelligence du Misanthrope et à la réflexion sur le rôle et les méthodes de la critique.